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Les gradins :

Contrairement à la façade, en partie sauvegardée, les gradins ont considérablement souffert des outrages du temps et des hommes. A vrai dire ils ont été entièrement détruits, après avoir été intacts au moins jusqu'au XIe siècle comme l'a affirmé le géographe arabe Al Bekri. De nombreux éléments en ont été retrouvés, d'ailleurs, dans les décombres qui se sont accumulés autour du monument. Mais, contrairement à beaucoup d'autres, l'édifice thysdritain a conservé à tous les niveau des murs porteurs et des restes de voûtes. Les gradins, en effet, étaient supportés par une très puissante structure de murs de grand appareil et de voûtes en blocage. Des galeries de circulation concentriques à l'arène étaient reparties sur plusieurs niveaux et desservies par un grand nombre d'escaliers situés entre les murs porteurs rayonnants. On remarque que la pente des gradins subit, au niveau des compartiments les plus élevés, une interruption marquée par une façade percée de portes et de niches ornée de statues ce qui permet un redressement nécessaire pour assurer la vue du spectacle pour ceux qui occupaient les places les plus élevées. L'ensemble des gradins ou " cavea " était partagé en divisions horizontales ou " maeniana " séparées les unes des autres par des couloirs de circulation et des balustrades. Ces " maeniana " étaient divisés en travées par des escaliers qui menaient à des portes ou " vomitaria " à partir desquelles se faisait la répartition des spectateurs. Les places d'honneur se trouvaient dans la partie la plus basse de la cavéa, le podium qui formait une étroite plate-forme. La cavéa était ensuite partagée en trois parties : un compartiment inférieur ou " ima cavea ", un compartiment médian ou " media cavéa " et un compartiment supérieur ou " summa cavea ". Au sommet courait une galerie périphérique ornée d'une colonnade. La répartition des spectateurs se faisait selon la hiérarchie sociale et politique de la cité. La qualité des places diminuait au fur et à mesure qu'on remontait les gradins et qu'on s'éloignait du spectacle. La meilleure vue était au niveau des extrémités du petit axe où étaient généralement aménagées les loges d'honneur. Le podium et les tout premiers rangs étaient réservés aux magistrats de la cité, aux membres du Sénat local (conseil municipal) et aux sénateurs et chevaliers romains de passage. Les notabilités locales occupaient, selon leurs rangs, les gradins situés au dessus et le petit peuple s'installait dans la " summa cavea ". Enfin les étrangers, les femmes du peuple et les esclaves étaient relégués à la galerie supérieure d'où la vue était médiocre. Par ailleurs, grâce à la multitude d'escaliers et de galeries auxquels on accédait par les 64 vastes arcades du rez-de-chaussée, l'amphithéâtre, à l'instar des grands stades modernes de football, se remplissait et se vidait en quelques minutes sans désordres et sans bousculades.

En outre, on remarque la mise en place d'un dispositif particulièrement élaboré de conduites et de canalisations destinées à recueillir toutes les eaux de pluie qui se rassemblaient dans la cavea et à les acheminer, à travers des collecteurs faisant le tour extérieur du monument vers d'immenses citernes voisines qui ont été repérées au début du siècle dernier et qui ont disparu depuis. Le problème de l'eau étant crucial à El Jem, tous les moyens étaient bons pour en éviter le gaspillage.

 

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