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L'arène et les souterrains :

Pour avoir été pendant le long siècles recouverte de remblais, l'arène de l'amphithéâtre d'El Jem est demeurée presque entièrement intacte. Elle se distingue en cela de la plupart des autres aires des jeux, beaucoup moins bien conservées. En outre elle attire l'attention par la simplicité de ses structures et sa grande homogénéité. Un mur de podium de 3,50m de haut, recouvert de plinthes de marbre dans sa partie inférieure et d'un enduit donnant l'illusion du marbre dans sa partie supérieure, la délimite. Une balustrade surmontée d'un filet ou d'une grille renforçait la sécurité des spectateurs des premières rangées des gradins et les mettait à l'abri des assauts furieux des bêtes sauvages. Ce dispositif protégeait en particulier les notables qui occupaient le podium dont la largeur ne semble pas avoir excédé 1m. L'arène était accessible par deux portes principales larges de 4,50m, aménagées aux extrémités de son grand axe, dans le prolongement des grandes travées axiales, par où défilait la procession solennelle ou " pompa " portant les images des dieux et procédant à l'ouverture des jeux. Le long de ces vastes travées ont été aménagées de part et d'autre de l'arène, quatre pièces pavées de mosaïque, comportant des niches et servant de petits sanctuaires pour abriter les divinités présidant au déroulement des jeux et auxquelles on rendait un culte. Derrière le mur du podium, un corridor de service était relié à l'arène par douze portes, six dans la partie nord et six autres, en face, dans la partie sud.

Sous le sol de l'arène se croisaient deux galeries souterraines accessibles de l'extérieur par des rampes perpendiculaires au grand axe, aménagées aux extrémités de la grande galerie. Bordée de 16 cellules, celle-ci était dans sa partie centrale, à ciel ouvert sur l'arène, procurant ainsi air et lumière à l'ensemble des souterrains. Un plancher amovible dont les traces d'encastrement sont encore visibles servait à couvrir cette partie découverte lorsque les jeux commençaient. Les bêtes sauvages arrivaient des écuries, aménagées à peu de distance de l'amphithéâtre, dans des cages qu'on descendait par les rampes du grand axe et qu'on déposait dans douze des seize cellules prévues à cet effet, les quatre autres étant des " spoliaria " où on mettait les cadavres des gladiateurs et des bestiaires en attendant leur évacuation. La petite galerie située le long du petit axe comportait au niveau du sol de l'arène deux ouvertures de 3x 2,30m servant à hisser les cages à l'aide de treuils ou de monte-charges. On remarque la présence de " claustra " en pierre disposés à des distances régulières le long de la voûte de la galerie souterraine, au niveau du sol de l'amphithéâtre. Ce dispositif simple permettait d'introduire un peu d'air et de lumière à l'intérieur de la longue galerie souterraine du grand axe. Au moment du déroulement des jeux, l'arène était recouverte de sable et le cas échéant dotée d'un décor évoquant un paysage approprié à la chasse ou aux combats d'animaux sauvages. Des escaliers de service reliaient l'arène aux souterrains.

L'eau nécessaire à l'entretien et au fonctionnement de l'amphithéâtre était fournie par un puits de plus de 35m de profondeur creusé dans l'une des pièces souterraines. Rappelons à cet égard que les structures du sol et du sous-sol de l'arène s'opposent catégoriquement à l'idée, autrefois admise, de l'organisation de naumachies ou combats navals dans l'arène remplie d'eau et autres exhibitions nautiques à l'intérieur de l'édifice. La rareté de l'eau à El Jem et l'absence de tout dispositif sérieux d'étanchéité ainsi que les dangers d'écroulements n'avaient pas empêché certains auteurs de continuer à écrire jusque vers le milieu du XXe siècle que Thysdrus était reliée à la mer par un canal souterrain qui amenait l'eau pour les naumachies. Compte tenu du niveau du plateau d'El Jem par rapport à celui de la mer, ces affirmations ne peuvent être soutenues. Il en est de même des légendes tenaces faisant communiquer l'amphithéâtre-forteresse par une route souterraine tantôt avec Sallacta-Mahdia tantôt avec Sousse ou Sfax… Ce sont les galerie souterraines qui, en s'enfonçant sous terre ont frappé l'imagination populaire ainsi peut-être que l'efficacité de l'édifice en tant que citadelle qui expliquent la longévité et la ténacité de ces mythes. On a bien vu que ces galeries, loin d'être des amorces de routes souterraines n'avaient d'autre fonction que de relier le monument à des écuries situées dans les environs immédiats.


 

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